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L’organisation du CEFRIO

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Rencontre avec Adel El Zaim, directeur Innovation et Transfert du CEFRIO le mardi 11 décembre 2001 à Montréal

1.  Les centres de liaison et de transfert

Le CEFRIO est un des 6 centres de liaison et transfert créé par le gouvernement québécois. Ces Centres ont pour but de faire le lien entre l’université et l’industrie.

·  Centre de recherche en calcul appliqué (CERCA), Montréal

·  Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM), Montréal Le RISQ, l’organisme qui gère le réseau d’éducation et de recherche du Québec était à l’origine de ce centre de liaison et transfert. En bref, le RISQ est issu du CRIM (çà ne s’invente pas !)

·  Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO), Québec et Montréal

·  Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO), Montréal

·  Centre québécois de recherche et de développement de l'aluminium (CQRDA), Chicoutimi

·  Centre québécois de valorisation des biotechnologies (CQVB), Sainte-Foy

Parmi les 6 centres créés, certains font de la recherche eux-mêmes comme le CRIM d’autres coordonnent le travail des acteurs comme le CEFRIO.

2.  Le CEFRIO

Le centre Francophone d’informatisation des organisations A 2T2 CR22 IL Y A 15 ans, au début pour développer la francisation de l’informatique. Aujourd’hui son rôle est de

Contribuer à la performance des organisations par l’appropriation des TIC

Le CEFRIO semble être l’organisme canadien dont l’approche est la plus semblable à celle de la FING. Son organisation et ses modèles économiques peuvent alimenter notre réflexion sur le développement de la FING.

ü  Le CEFRIO à 130 organisations membres (Ministères, organismes gouvernementaux, universités québécoises et environ 90 entreprises)

ü  L’équipe de pilotage est constituée de 25 personnes. La majorité est basée au siège dans la ville de Québec. 5 ou 6 personnes sont situées à Montréal.

ü  Le travail est démultiplié grâce à un fonctionnement très en réseau avec les membres mais surtout avec des « chercheurs associés » qui continuent à assurer leur poste dans leur université et sont associés aux programmes de recherche du CEFRIO

ü  Le CEFRIO est géré par un conseil d’administration constitué de 5 membres du comité exécutif, 8 administrateurs et 4 observateurs (les représentants gouvernementaux qui ne sont pas directement administrateurs)

ü  Un comité innovation et transfert constitué de 8 membres internationaux (FR, BE, USA) suit les aspects scientifiques. Le directeur Innovation et Transfert ainsi que 3 autres personnes de l’équipe de pilotage du CEFRIO suivent les 3 axes de recherche qui ont été définis pour 5 ans.

Les 3 axes de recherche définis jusqu’en 2004 sont :

1.  La transformation des services publics

2.  La compétitivité des entreprises

3.  La gestion des connaissances

3.  Le financement du CEFRIO

Bien que relevant du ministère de la recherche qui en est l’instigateur, le CEFRIO est une association indépendante.

Les subventions représentent cependant 38% du financement du CEFRIO : CAD 1,45 M sur un total de CAD 3,75M (7,25 MF sur un total de 18,75 MF ou 1,1 M€ sur un total de 2,85 M€)

Les programmes de recherche et de transfert (les projets coordonnés par le CEFRIO) représentent l’autre grande part avec 33% du budget. Le reste se réparti dans les activités de transfert et de diffusion (17%), les cotisations des membres (9%) et les revenus divers.

4.  Les activités du CEFRIO

Le CEFRIO organise plusieurs types d’activités :

ü  Les vendredis du CEFRIO : un petit déjeuner de 8h à 9h30 qui rassemble 75 à 120 personnes environ 10 fois par an en alternance à Montréal et à Québec (même sujet traité dans les deux villes). 2 personnes sont invitées : un théoricien et un praticien. Par exemple le prochain vendredi du CEFRIO se tient le 25 janvier 2002 à Montréal sur le thème : « les québecois et l’internet »

ü  L’organisation de colloques internationaux

ü  Le service de veille (ce service occupe 5 personnes à plein temps). Il a ses activités propres mais effectue également des recherches liées au support des projets (par exemple un sondage et une enquête sur l’appropriation des technologies). Le CEFRIO dispose d’un site et d’un bulletin hebdomadaire « Systec » qui sort les vendredis après-midi et rassemble 4 ou 5 news ciblées (abonnement en ligne). Le service de veille effectue également des recherches qui ne sont pas publiques mais dédiées aux partenaires des projets ou des études privées (par exemple « les jeunes et l’internet »). Pour ne pas tout couvrir, le CEFRIO cherche à intégrer la veille, la recherche et le transfert.

ü  Les projets de recherche qui constituent une des activités majeures du CEFRIO. Les membres sont associés principalement à travers eux et ils constituent une des principales sources de financement du CEFRIO.

Les projets du CEFRIO pourraient être apparentés à ce que nous appelons « groupes de travail » à la FING.

Les communautés de la FING n’ont pas d’équivalents au CEFRIO.

Les événements et production de contenus sont assez proches entre la FING et le CEFRIO. (Voir la synthèse du séminaire 2001 de pilotage de la FING)

5.  Projets coordonnés par le CEFRIO

Déroulement de la mise en place d’un projet :

1.  Un projet est souvent issu de l’intention de quelqu’un (un membre ou en interne). Les chercheurs du réseau sont alors consultés pour savoir qui cherche déjà sur ce sujet. Un document de cadrage de 2 ou 3 pages est alors produit.

2.  Les projets sont financés par des membres qui veulent être partenaire du projet. Le CEFRIO est reconnu pour être capable de mettre autour de la table des partenaires aux opinions divergentes pour travailler ensemble. Pour faciliter la recherche de partenaires, un prédevis est rédigé.

Le but est d’avoir des partenaires publics et privés. Il s’agit de faire un équilibre entre les aspects prospectifs et les aspects scientifiques, ce qui n’est pas toujours facile.

Le tour de table peut prendre du temps ou au contraire il s’agit parfois d’une « commande » qui est sous-traitée aux chercheurs. Le rôle du CEFRIO est sensible car il s’implique dans les projets, ce qui peut froisser les chercheurs, mais est d’une grande aide au niveau gestion. Cela a été plus difficile au début, mais les chercheurs commencent à connaître le CEFRIO et apprécient son apport.

Les projets du CEFRIO ne sont pas dans le domaine de la recherche fondamentale (déjà réalisée par les chercheurs) mais plutôt dans celui de la « recherche-action » qui donne l’occasion aux chercheurs de mettre en œuvre leurs recherches sur le terrain. La durée des projets est de 18 à 36 mois avec une orientation de plus en plus nette vers les projets courts.

Un budget par exemple de CAD 1M (5 MF, 760 K€), est divisé en plusieurs statuts de partenaires :

ü  5 Partenaires principaux qui apportent chacun CAD 100K (500 KF, 76 K€)

ü  10 partenaires associés qui apportent chacun CAD 50 K (250 KF, 38K€)

ü  Des équipes de recherche et de réalisation

Dans certains cas par exemple, durant le tour de table, un ministère peut souhaiter prendre en charge CAD 500K plutôt que de devoir trouver 10 fois CAD 50K.

6.  Les résultats issus des projets

La propriété intellectuelle des résultats obtenus reste aux chercheurs, mais le CEFRIO a une licence d’utilisation et de transfert qui permet aux partenaires d’en bénéficier.

Les premiers résultats arrivent au bout de 3 à 5 mois. Il s’agit en général d’une séance de transfert avec les chercheurs. Cela permet pour les industriels d’avoir de premiers résultats rapidement.

Les autres résultats peuvent être des colloques internationaux ou des publications (rapports de recherche, guides d’aide à la décision). Les résultats sont en général privés jusqu’à 6 ou 12 mois après la recherche, puis ils deviennent publics. Ils sont alors disponibles en ligne ou publiés sous forme papier et distribués gratuitement ou vendus.

Les autres publications du réseau CEFRIO sont réservées aux membres pendant 3 mois.

7.  Quelques exemples de projets

Exemple d’un projet dans le domaine des services publics :

Le développement des collectivités locales et régionales par les technologies de l’information. Il rassemble environ 15 partenaires : IBM, Caisse des Jardines (une banque), Telus (un Telco), les villes de Québec et de Montréal, le Ministère des finances, celui des télécommunications et celui des régions.

Il regroupe plusieurs volets :

1.  Le développement de la citoyenneté et de l’e-democratie

2.  Les affaires électroniques et les PME dans les régions

3.  Le développement des modèles de smarts communities

4.  Les stratégies de développement local (par exemple les technopoles)

5.  Etc.

Autres exemples dans le domaine des services publics :

ü  Les modes de partenariat publics/privés (ce projet se termine en janvier 2002)

ü  Les services électroniques aux e-gouvernements – stratégie de mise en œuvre de services électroniques intégrés (en phase de démarchage)

Dans le domaine de la compétitivité des entreprises, un projet est centré sur les modèles d’affaire électroniques et la compétitivité des PMEs.

Le budget initial était de CAD 800 K (4 MF, 610 K€). En général, le projet démarre lorsque la moitié du tour de table est atteint. Dans ce cas, seuls CAD 200K étaient acquis depuis 4 mois. L’équipe de recherche étant très motivée, le CEFRIO a pris le risque de commencer.

L’objectif est de calculer la performance des PMEs et de trouver un ou deux modèles suivant une approche à la fois comptable, technologique et business.

Autre exemple dans le même domaine :

ü  Québec click (projet terminé). Il s’agit de sensibiliser les PMEs au commerce électronique. Une tournée a permis de rencontrer 3000 entreprises avec du matériel pédagogique (vidéos…)

Dans le domaine de la Gestion de la Connaissance un projet vient de démarrer : Modes de travail et de collaboration à l’ère de l’internet (communautés de pratiques)

Il s’agit de la suite d’un gros projet sur le télétravail qui s’est terminé en mai 2001

Il est centré sur les stratégies d’animation et les impacts organisationnels, humains et technologiques (sans développer pour autant de choix technologiques). Une vingtaine de communautés de pratiques a été mise en place chez les partenaires. Elles sont suivies par les chercheurs : Dans les ministères, au barreau, chez les infirmières, à l’école nationale de police (une communauté internationale qui implique des écoles brésiliennes et françaises), chez Bell Canada.

Les communautés comprennent une équipe de chercheurs et une équipe d’animateurs.

Il y a un volet européen en particulier en France (avec la société « Entreprise et personnel »), en Belgique, au Luxembourg et avec la région Poitou Charente (avec ARENTIS, l’agence de développement du Poitou Charente). Cela devrait permettre une proposition de projet européen.

Source : http://www.fing.org/index.php?num=2461,1

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Jean-Michel Cornu - 14 janvier 2002