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IPv6, la renaissance de l’Internet

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Caen, 11-13 juin 2003

Quelques notes sur la conférence - Jean-Michel Cornu

 

 

Près de 250 personnes se sont inscrites au colloque " IPv6, la renaissance de l’Internet " à Caen (www.renater.fr/IPv6-2003Caen/ ) et aux diverses réunions qui ont eu lieu autour de cet événement (le Groupe G6 des chercheurs sur IPv6, Task Force IPv6 française, tutoriel...).

Parmi les participants se trouvaient 80 décideurs qui ont assisté à la première rencontre des acteurs économiques normands. Il s’agissait d’une première qui montre bien la nouvelle phase dans laquelle est entré IPv6 : non seulement le réseau Renater pour l’éducation et la recherche est opérationnel sous IPv6, mais également sont apparus les premiers fournisseurs d’accès proposant un service IPv6 pour les entreprises et le grand public. Le SFINX, un des principaux noeuds d’interconnexion français, permet maintenant aux fournisseurs d’accès de s’interconnecter non seulement sous IPv4 mais également sous IPv6 unicast (pour l’échange de données classiques) et sous IPv6 Multicast (qui ouvre la porte à la diffusion audio et vidéo à grande échelle sur le réseau des réseaux).

Les réseaux régionaux se mettent également à l’IPv6 : le réseau bas-normand Vikman, dont la 3ème version a été lancée en janvier 2003 a ouvert son trafic à l’IPv6 et permis aux participants à la conférence d’accéder au net au choix par IPv4 ou IPv6 (une " install party " a même permis à ceux qui le souhaitaient d’apprendre à utiliser les services IPv6 de leurs machines). Les conférences étaient retransmises en multicast IPv6 sur Renater via le réseau régional. Après une phase de rodage dans les réseaux de recherche, la commercialisation à grande échelle est bel et bien lancée. Signe des temps, la fin du réseau G6Bone, celui même qui a permis à la France de prendre de l’avance dans la mise en place et le test du nouveau protocole, est planifiée. La fermeture définitive aura lieu le... 6/6/2006.

Des spécialistes de toute la planète ont fait le déplacement pour l’occasion à Caen : d’Europe bien sûr, mais également du Japon, du Mexique, du Sénégal, de la Tunisie... Pourtant, Latif Ladid, président mondial de l’IPv6 Forum, n’a pas hésité à qualifier la France de deuxième pays derrière le Japon pour la promotion de l’IPv6. Une position cependant qu’il faudra défendre avec une volonté forte, face à l’avancée récente mais très significative des Etats-Unis ( voir l’annonce par le pentagone, vendredi 13, - dernier jour de la conférence - de son intention de passer à Ipv6 dès 2008 ) et du Canada.

Que permet la nouvelle version du protocole Internet ? Outre les applications professionnelles, il a beaucoup été question lors de la conférence du secteur de l’automobile, aussi bien en France qu’au Japon, et des réseaux mobiles (le réseau lui-même se déplace dans une automobile ou sur une personne). La sécurité, la diffusion de contenus multimédias (grâce au multicast), la mobilité font parti des nouvelles possibilités offertes de bout en bout même lorsque l’on passe d’un réseau à l’autre. Enfin, chacun pourra disposer de son adresse propre (et même de plusieurs), permettant non plus seulement de se positionner comme un consommateur de services Web, mais également d’échanger avec tous. Ainsi, si en 1975, 75% du trafic de l’Internet était de la messagerie électronique, et en 1995 75% était devenu du Web, aujourd’hui la plus grande part est dédiée au Peer to Peer (Morpheus et autres Kazaa..). Les usages de cette technologie ont trop souvent été réduits aux pirates échangeant des musiques ou des films, mais aujourd’hui le peer to peer entre dans l’entreprise : le rôle de chaque personne dans l’entreprise ne doit pas se limiter à rechercher de l’information et à s’en servir pour produire des choses nouvelles. Il est indispensable que chacun mette à disposition son propre travail aux personnes adéquates (collègues, clients, fournisseurs...), en d’autres termes que les diverses productions individuelles s’insèrent dans le système d’information de l’entreprise. Pour cela il faut exister sur le réseau et donc avoir une adresse accessible non seulement au réseau local de l’entreprise mais également à tous les partenaires de l’entreprise, quelle que soit leur position géographique.

Les orateurs, lors de la conférence " IPv6, la renaissance de l’Internet " ont parlé des nombreux usages rendus possibles par le nouveau protocole. Mais beaucoup ont souligné que les usages de demain restent à inventer et que les utilisateurs y auront une grande part.

Au Japon, le dernier jeu des étudiants des grandes Ecoles et Universités consiste à acheter pour 100 ou 150 € des objets électroniques et à les reprogrammer en IPv6 pour leur ouvrir de nouveaux usages. Et si on faisait cela en France ?

Enfin, la convivialité de cette conférence n’a pas été oubliée, l’accueil et la gastronomie étaient à la hauteur. D’ailleurs les organisateurs ont trouvé une définition culturellement adaptée à l’acronyme IPv6 : " Invitation au Pommeau vers 6 heures " ! Avec de tels arguments, il y a eu unanimité pour renouveler cette conférence à Caen l’année prochaine ou dans deux ans.

Quelques liens utiles sur IPv6 :


Merci à Jacques Prevost (GIP Renater), Yvon Noël (Conseil Régional de Basse Normandie) et Philippe Lequesne (CTN) pour leurs remarques et corrections.